Carnet de route
Quand la patience paye, la récompense n'en est que plus belle !
Le 21/03/2026 par Marine, Adrien, Thomas et Maxime
Sortie ski-alpinisme au Vignemale, les 21 et 22 mars 2026.
Lorsque Maxime m'a proposé la sortie, je me suis souvenu que ce sommet me tendait les bras l'été dernier alors que je me trouvais à boire un café au refuge de Bayssellance. Alors parti en itinérance je me trouvais dépourvu de casque, de crampons et de piolet pour faire l'ascension de ce sommet prestigieux qu'est le Vignemale. Malgré ma demande cordiale aux gardiens je n'ai pu récupérer le matériel nécessaire.. Bref ce n'est que partie remise me dis je alors, et c'est donc d'un grand oui que je confirme mon inscription à cette sortie de ski alpinisme qui pour la petite histoire est la première que propose Maxime. Rendez vous est fixé ce samedi 21 mars à 5h pour covoiturer avec Marine et rejoindre Maxime et Thomas à Toulouse. Un petit café à Cauterets pour se remettre de la route et nous voilà au pont d'Espagne à 9h où nous démarrons l'ascension chaussures de ski aux pieds et skis collés au sac à dos. Peu après le lac de Gaube nous mettons enfin les skis que nous quitterons qu'à la pause déjeuner au niveau du refuge des Oulettes. Il fait très beau et même chaud, la montée s'effectue en tee-shirt ! Ce n'est que vers 16h que nous atteignons le refuge de Bayssellance après une montée assez éprouvante. Nous sommes nombreux à avoir eu la même idée, le refuge est plein, nous avons l'impression d'être des naufragés au milieu de cet océan blanc et notre seule obscession et activité est de faire fondre de la neige afin de refaire notre stock d'eau pour le repas du soir et pour l'ascension finale du lendemain. Après une nuit agitée pour certains, réparatrice pour d'autres, c'est à 7h qu'est prévu le départ. Descente vers le sud pour contourner le massif et entreprendre l'ascension des 800 mètres du glacier d'Ossoue qui nous séparent du sommet. Évidemment tout ne se passe pas comme prévu, les peaux de Marine ne collent plus, la neige glacée nous impose de mettre les couteaux, Maxime n'en a pas ( parce que le Vieux campeur n'en avait pas pour ses skis de prêt). Ils sont donc obligés de poursuivre en crampons. Avec Thomas, nous cheminons toujours en skis. Arrivés au pied de la paroi finale, nous créons une petite plateforme, y déposons nous skis, et chaussons les crampons. Maxime s'encorde avec Marine en milieu de corde et Thomas en bout. Je les suis de prêt et marche dans leurs pas. La neige est dure, le piolet s'enfonce mal. Malgré tout, on atteint assez vite l'arête sommitale. Nous croisons quelques adeptes de pentes raides qui n'ont pas l'air très à l'aise dans cette neige dure. On chemine sur cette courte arête jalonnée de neige et de rochers, quelques pas d'escalade facile et nous arrivons au sommet. C'est le souffle coupé que nous contemplons ce merveilleux paysage. On se congratule évidemment, l'effort en valait vraiment la peine, nous restons là quelques instants, moments suspendus, contemplatifs, méditatifs. Il est déjà 11h, retour à la réalité, au chemin inverse qui nous attend. Il faut encore rester prudents, descendre face à la pente pour les uns, dos à celle-ci pour les autres. La descente à ski peut se révéler piégeuse à cause d'une qualité de neige très changeante, passant de glace à neige humide et inversement. Nous atteignons le point le plus bas sans encombre avant de remettre nos skis sur le sac à dos. La marche est longue et douloureuse, les ampoules nous font souffrir, mais nous les oublions vite en repensant au Vignemale qui s'est offert à nous.
Adrien
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Très belle sortie avec un créneau météo parfait et deux journées bien remplies, notamment à faire fondre de la neige ;-) . Le passage sur l'arête jusqu'au sommet un de mes plus beaux souvenirs en montagne. Merci Maxime pour l'organisation et à tous les trois pour les bons moments passés ensemble, à refaire !
Marine
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J’ai aperçu le Vignemale pour la première fois il y a quelque année lors d’une randonnée jusqu’au refuge des Oulettes de Gaube, et l’idée d’un jour toucher son sommet m’avait alors traversé l’esprit. Alors quand j’ai vu l’occasion se présenter, j’en ai parlé à Maxime qui malgré ma jeune expérience de ski de rando et alpinisme m’a fait confiance. Nous avons donc commencé cette ascension vers 9h30 ce samedi 21 mars. Malgré nos espérances la neige ne s’étendait pas à nos pieds dès le parking du pont d’Espagne. Nous avons donc dû monter skis sur le dos jusqu’au lac de Gaube. Cette première phase échauffe déjà les pieds et la Compeed est déjà de sortie après 1h30 de montée. Peu importent les ampoules, ma motivation est intacte. Après une pause déj bien méritée au refuge des Oulettes face au majestueu Vignemale qui paraît si imposant vu d’ici, nous pouvons constater des différentes stratégies nutritionnelles de chacun. Le pâté chaud me semble à éviter. Nous continuons dans le « four solaire » jusqu’à la Hourquette d’Ossoue, qui nous sépare de notre refuge. Dans la montée, les gouttes de sueur se mêlent à la neige fondante. Nous arrivons vers 16h au refuge qui est déjà bien plein. Les places se font rares mais nous arrivons à nous serrer dans ce dortoir qui sent la chaussette d’après Marine ! La fin de la journée passe rapidement grâce à notre activité favorite : faire fondre de la neige. Je suis novice dans cet art et les premiers litres ont un goût de brûlé. Ça donnera du goût aux lyophi ! Puis la technique se développe et nous faisons remonter les stocks d’eau malgré nos mini bouteilles de gaz. Au petit matin nous rechaussons les skis pour rejoindre le sommet. Ma fixation me joue des tours puisqu’elle se bloque en position descente par moment. Un problème de matériel peut si vite arriver, fixation, peau qui ne colle pas, crampon qui se desserre, nous avons eu quelques exemples mais rien d’insolutionnable. Nous atteignons l’arête sommitale à grands coups de crampons et piolet dans une neige assez dure. Pas mécontent d’être encordé proche de la corniche, nous atteignons le sommet qui nous ouvre ce magnifique paysage à 360º.
Il faut encore redescendre, refaire fondre de la neige, glisser jusqu’au lac en prenant soin de garder son équilibre dans ces conditions de neige changeantes. Enfin, la descente finale à pied finit d’achever les ampoules, mais la douleur est compensée par les souvenirs heureux de cette sortie magnifique.
Thomas
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3 ans d'attente, de patience, de renoncement, pour enfin voir les planètes s'aligner !
Et quand la patience paye, la récompense n'en est que plus belle.
Ce projet d'accompagner un groupe en ski-alpinisme au sommet du Vignemale était né il y a 3 ans, en tant que jeune encadrant stagiaire ski de rando, et 12 ans après y avoir été moi-même accompagné en tant que novice dans la discipline.
Entre conditions nivologiques, conditions météos, et disponibilités, les chances peuvent très vite s'amenuir. Cette fois était la bonne. Et quelle fois. Quel groupe. Quel plaisir. Malgré la fatigue, les douleurs des ampoules, les galères de matériel, nous y sommes arrivés.
Merci pour votre confiance, et votre esprit de cordée.
Maxime






